• Mathieu Blanchard

Pas d’objectif, pas de stress: nouvelle énergie? The North Face NY Bear Mountain.

Mis à jour : 11 janv. 2019


keeler photographic Ultra Race Photos

The North Face Endurance Challenge NY Bear Mountain - 80km - 1er overall


C’est avec peu de sérénité que je me suis aligné sur la ligne de départ de la montagne de l’ours, ce samedi 5 mai 2018.


Depuis quelques temps une douleur proche du genou me gêne. Puisque nous sommes en début de saison, il est plus prudent de jouer la sécurité et ne pas pousser sur ce bobo durant l’entrainement. Un volume finalement beaucoup trop faible ces deux derniers mois pour être en pleine confiance face à cet ultra.


Je ne m’étais donc fixé aucun objectif. C’est d’ailleurs la première fois que je me présente sur une course avec un stress fortement réduit, presque inexistant, sentiment très agréable. Ma principale raison de courir cette épreuve était d’observer et d’évaluer mes sensations en vue de bien préparer une autre course arrivant dans un avenir proche (Ultra Trail des Açores 125k le 25 mai).


Départ donné à 5h du matin, après quelques mètres dans la noirceur, personne ne part fort. Tant mieux ! Je n’aurais pas pris le risque de suivre. Sur un rythme plutôt soutenable, un petit groupe se forme en avant. Après quelques kilomètres nous sommes plus que trois, avec Charles Benoit et Alexander Jinks. Nous entamons quelques discussions tout en admirant ce généreux lever de soleil sur le lac de Silver Mine. Charles est mon pote, on se raconte nos "p’tites" histoires habituelles, quant à Alexander nous faisons connaissance. Il nous annonce qu’il a une grosse ambition pour cette course puisque il souhaite la courir en moins de 7h ! (Objectif que je m’étais aussi fixé en début d’année). Finalement Charles décidera de descendre du train proche du km 20. « Bonne course Mat », « Bonne course Charles à tout à l’heure ».


Nous sommes plus que deux à mener la danse en avant. Alexander attaque très fort chaque montée. Puisque je ne veux pas pousser trop fort, je le laisse partir à chaque fois. Etant très à l’aise dans les descentes ultra-techniques, je le reprendrai à chaque fois dans ces parties. Nous formons un accordéon. La comptine jouée par mon acolyte prendra des airs moins contrôlés. Il ratera quelques notes et notre instrument se brisera finalement au ravitaillement Skannatati du km 32.


Les sensations sont excellentes, je me rends même compte que c’est la première fois que je me sens aussi bien sur ce type d’épreuve après déjà plus d’ 1/3 de passé.


L’absence de stress et d’objectif fixé serait-t-il moteur d’une nouvelle énergie ?


Arrivée au ravitaillement je vais chercher mes bouteilles cachées dans ma ceinture

Je garde un rythme où je me sens à l’aise, j’observe mes sensations, admire le paysage ensoleillé, tout va bien.


Le km 60 est atteint après 5h04min de course, je me souviens très bien du temps puisque je m’en suis servi pour calculer ce que me donnerai mon passage au km 80 tout en gardant ce rythme. Difficile de faire les comptes avec un cerveau ramolli par l’effort, mais la conclusion me donne un temps très proche de 7h ! Étonnement, les sensations sont encore excellentes et aucune douleur au genou à signaler, « alors pourquoi pas essayer… aller chercher ce temps que je m’étais fixé quelques mois auparavant, lets go Mat ».

Un objectif vient finalement d’être fixé, déclenchant le départ d'une nouvelle course. Rien à perdre, ce challenge est excitant et vient seulement assaisonner le sentier.

Ce contre la montre est même encouragé par quelques échanges avec les coureurs du 50 km rattrapés en chemin.


Mince, je n’ai pas du tout imprimé le dénivelé dans la mémoire, chaque montée est un obstacle qui me ralentit. C’est très serré, impossible de figer le temps, il avance hâtivement !

Une dernière longue descente déboulée à toute allure, km 80 atteint en 6h52min, joie intense.


"Oups mais la course n’est pas finie ?" Me voilà ici, arrêté sur une roche, tout penaud.


Allez hop on relance, nourrit de la satisfaction d’avoir réussi ce défi, un immense sourire se fige sur le visage pour avaler les derniers kilomètres avec gourmandise.



Quel bonheur de maintenant se désaltérer au soleil, sur le gazon, avec quelques amis et la gang des CUTE

C.UT.E Coureurs Utilitaires Transpirants l'Espresso

Enfin un grand merci à tous ceux qui me supportent, et qui rendent l’aventure encore plus délicieuse : famille, amis, Salomon running, La Clinique Du Coureur, Naak, Parc Santé, Nuun Hydration.


Copyright © 2020 Mathieu Blanchard

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